Zones Refuges à Estaimpuis

Les voies d’eau, telles que les canaux, sont utilisées par de nombreuses espèces animales pour se déplacer, se nourrir ou se reproduire. C’est ce qu’on appelle la TRAME BLEUE.

Afin de favoriser le maintien et le développement de ces espèces, les voies hydrauliques en collaboration avec le PCDN de la commune d’Estaimpuis, le Contrat de rivière Escaut-Lys et les naturalistes locaux ont décidé de créer en 2019 des zones refuges tests depuis Leers Nord jusqu’au pont d’Estaimpuis.

Aux nombres de quatre, ces zones refuges se situent entre le canal et l’Espierres canalisée. Elles sont fauchées tous les deux ans par alternance permettant ainsi de maintenir des zones où la végétation et les animaux peuvent effectuer des cycles complets de développement et trouver refuges et nourriture notamment en hivers. La fauche tardive une année sur deux permet de limiter le développement des arbres et arbustes.

Ces zones peuvent donc paraitre mal-entretenues, non gérées ou laissées à l’abandon, mais il n’en est rien, que du contraire.

Le principe est de laisser pousser l’herbe. Les herbes hautes permettent aux animaux de se cacher et de se mettre à l’abri des conditions rigoureuses de l’hiver. Par ailleurs les graines des plantes, les fleurs (nectar, pollen), permettent à de nombreux oiseaux et insectes de se nourrir toute l’année. Lorsque la zone refuge est fauchée à l’automne (un an sur 2 en alternance), l’herbe est laissée sur place afin que les graines et les larves d’insectes restent sur place.

Afin d’assurer le passage et la sécurité des personnes, un chemin est régulièrement entretenu le long du canal.

cabaret des oiseaux (Dipsacus sylvestris)

Chardon ou non ?

Les chardons qui peuvent se développer dans les zones refuges sont détruits manuellement conformément à la législation.
Certaines plantes peuvent toutefois être confondues avec un chardon, comme le Cardère sauvage ou cabaret des oiseaux (Dipsacus sylvestris) et la Bardane (Arctium lappa L). Ces plantes, bien que piquantes, font partie d’autres familles. Elles partagent pourtant avec les chardons un point commun celui d’être très utiles pour les oiseaux, insectes et mammifères. Apprenons à les reconnaitre pour ne pas les éliminer.

Quelles sont les espèces qui profitent de ces zones refuges ?

Ces plantes offrent des graines aux oiseaux durant l’hiver. Les chardonnerets notamment profitent de ces graines, ainsi que les moineaux, les mésanges et bien d’autres passereaux…
Les insectes comme les papillons peuvent trouver des plantes qui vont nourrir leurs chenilles et effectuer ainsi un cycle complet de développement.
Les batraciens profiteront des hautes herbes pour se cacher et passer l’hiver à l’abri.
Enfin, les mammifères tels que les rongeurs (souris, mulots, lapin…), les mustélidés (belette, Martres…) ou les hérissons vont pouvoir se déplacer en toute tranquillité et trouver de la nourriture.